LETTRE DE PÂQUES 2010

Saint-François-du-Lac, 18 février 2010

Que le Seigneur vous donne sa Paix, sa Joie, et vous manifeste son amour.



Les temps que nous traversons sont bien mystérieux : guerre larvée un peu partout, phénomènes qui sèment la terreur, tremblements de terre, feu, glissements de terrain, suspicion universelle, suicides, troubles mentaux, recherches frauduleuses d’argent, etc. Que faut-il penser de la situation, comment transformer ces événements en source de joie et de bonheur puisque c’est ce que tout être intelligent recherche.

Aux apôtres qui avaient assisté à deux multiplications de pain, mais oublié leur réserve quotidienne, Jésus répond : « Pourquoi faire cette réflexion, que vous n'avez pas de pains? Vous ne comprenez pas encore et vous ne saisissez pas? Avez-vous donc l'esprit bouché » Mc 8,17. « Qui d'entre vous d'ailleurs peut, en s'en inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie? Mt 6, 27. Depuis Caïn, l’humanité veut améliorer son sort par la force, les astuces, la guerre, le mensonge. Les siècles nous ont prouvé que les efforts de l’homme le mènent à sa perte. Les grandes civilisations s’élèvent pour un temps et disparaissent les unes après les autres. Le temps ne serait-il pas venu de s’interroger afin de changer de tactique?

Pourquoi Jésus nous aurait-il appris à dire Notre Père qui êtes aux cieux? Ne serait-ce pas une invitation à nous tourner vers Lui? La parabole du prodigue, c’est l’histoire de l’humanité. Son savoir faire, ses efforts se termineraient par la mort dans une porcherie, mais il se ravise : « Je veux partir, aller vers mon père et lui dire: Père, j'ai péché contre le Ciel et envers toi » Lc 15, 18. Au lieu de marcher aveuglément vers la catastrophe, si nous décidions de retourner chez notre Père!

Mon frère ou ma sœur, si vous êtes heureux de votre situation, ces lignes ne sont pas pour vous. Si vous rêvez d’une vie meilleure qui ne se termine pas dans un cercueil, mais dans la Vie sans fin, profitez de ce carême pour réviser votre style de vie : là où est la haine, mettre l’amour; là où est la discorde, mettre l’union, là où est l’offense, mettre le pardon... Ne réagissons plus comme dans le passé, agissons en imitant Jésus à la manière de François.

Que l’apothéose pascale devienne notre fête personnelle, ne sommes-nous pas UN avec le Ressuscité, dans le Ressuscité, par le Ressuscité? Joyeuse fête de Pâques.

Marius Lessard, o.f.m.